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La pêche industrielle et « de loisir »

La pêche industrielle

Le poisson, l’animal le plus consommé par les humain•e•s

Un être humain consommerait en moyenne 4 500 poissons au cours d'une vie (chiffres de 2015). Au niveau mondial, nous pêchons de l’ordre de 90 millions de tonnes de poissons par an, et en « produisons » par élevage 44 millions de tonnes; ils ne sont pas comptabilisés en nombre d’individus, mais en millions de tonnes !

Une étude a évalué le nombre de ces êtres sentients (capacités à éprouver des choses subjectives, d'avoir des expériences vécues) victimes de la pêche entre 970 et 2 700 milliards d’animaux chaque année ! Les poissons représentent ainsi au moins 95% des individus (vertébrés) pour la viande.

Il y a plusieurs explications.

Les poissons que nous consommons nous-mêmes directement (environ les 3/4 en poids des poissons pêchés) voient leurs chairs disséminées dans nombre de plats préparés, des sushis etc. Et lorsque nous ouvrons une boîte de sardines, ce sont entre 6 et 10 individus.

Chaque année, environ 20 millions de tonnes de poissons (environ un quart des captures mondiales) sont transformées en farines et en huile. Les poissons capturés, appelés parfois « poissons fourrage », sont généralement de petits poissons (donc très nombreux), souvent réduits en farine immédiatement, en haute mer sur les bateaux dits minotiers, des navires-usines.

Des centaines de milliards d’habitants des mers finissent ainsi comme nourriture pour les cochons, les poulets, les saumons ou les crevettes, ou bien encore comme huiles de poisson dans les margarines, comme bougies ou comme huiles de chauffage. La farine et l'huile de poissons constituent un aliment de base des poissons d'élevage.

Les méthodes de pêche industrielle sont devenues terriblement efficaces : nous sommes en train de vider les océans de leurs habitants. Les poissons sont massacrés à une telle échelle qu’ils n’ont plus le temps de grandir avant d’être razziés; on pêche des poissons de plus en plus jeunes et donc de plus en plus petits, ce qui, à tonnage de capture égale, signifie un nombre toujours croissant de victimes.

A tous ces poissons, il faut encore hélas rajouter les victimes collatérales. Entre 27 et 40 millions de tonnes de poissons indésirables, de crustacés, d’oiseaux de mer, de tortues marines et de mammifères marins sont capturés chaque année. Entre 10% et 40% des prises lors des pêches industrielles sont des prises qui ne correspondent pas à la demande et sont rejetées à la mer, mortes ou mourantes (moins de 10% survivraient). Le massacre empire même parfois depuis que, par mesure de protection, des « tailles minimales des captures » et des « quotas de captures autorisées » ont été édictés. Les gouvernements imposent que ne soient pêchés que des poissons d’une certaine taille (variable selon les espèces). Comme leur taille ne peut évidemment pas être déterminée avant la capture, les poissons immatures sont tout de même pris, mais ensuite rejetés, généralement morts. Des quotas de captures sont également imposés sur les espèces commerciales, dans l’espoir de permettre aux « stocks » de se renouveler. Dès lors que les quotas sont atteints, la loi impose que tous les poissons de l’espèce concernée soient rejetés. Comme souvent les quotas d’autres espèces ne sont pas simultanément remplis, la pêche continue, et les poissons des espèces « over quota » retournent directement des filets à la mer, morts ou grièvement blessés. Ce phénomène est aggravé par la logique marchande, certaines tailles ou qualités de poisson se négociant plus cher sur le marché.

Il est fréquent que des pêcheurs rejettent une partie de leurs prises d'espèces moins rentables à la mer pour continuer les captures jusqu’à ce qu’ils aient « engrangé » le stock optimal qui leur rapportera le maximum d’argent. Par ailleurs, on estime que les filets « monofilaments » multiplient par huit les capacités de capture des filets traditionnels. Ils mettent au moins sept ans à se dégrader, et lorsqu’ils sont perdus et dérivent dans les océans, ils continuent à attraper et tuer des poissons et de nombreux autres habitants des mers. Le monofilament est moins cher, moins visible que l’ancien multifilament et plus difficile à détecter acoustiquement. De nombreux animaux utilisant l’écholocation se retrouvent pris au piège pendant que d'autres restent prisonniers de divers déchets, comme des bandes en plastique ou des fragments de filets. On estime que les bateaux jettent chaque année par-dessus bord quelques 640 000 tonnes de déchets... dont de nombreux filets !

=> Lire la suite : Vie d’un poisson en captivité


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